Arthroscopie du genou et ménisque

A QUOI SERVENT LES MÉNISQUES ?

Les ménisques sont des fibro-cartilages situés entre le fémur et le tibia. Leur rôle est souvent comparé à celui d’un amortisseur et d’un stabilisateur accessoire du genou. Chaque genou en contient deux : un ménisque interne et un ménisque externe. Ils peuvent être lésés dans deux situations différentes. Dans le cas le plus fréquent, la lésion apparaît après 40 ans, et est liée à l’usure normale du genou.

La lésion se développe petit à petit, sur plusieurs années et sans facteur déclenchant. Plus rarement, la lésion apparaît après un traumatisme du genou (la lésion est alors souvent associé à une rupture du ligament croisé). Ce type de lésion se rencontre chez les patients plus jeunes, avant 30 ans en général.

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LES SYMPTÔMES D’UNE LÉSION MÉNISCALE

La douleur est localisée à la face interne ou externe en fonction du ménisque touché. Elle apparait brutalement après un choc ou au contraire de façon progressive, sur plusieurs mois ou années. Elle est souvent augmentée par la flexion maximale du genou (en se mettant accroupi, en sortant de la voiture). La sensation d’un dérangement à l’intérieur du genou est habituelle. Elle peut entraîner une perte de contrôle du genou (dérobements, instabilité) lors de la marche. Enfin, l’inflammation entraîne un gonflement de l’articulation. Le retentissement d’une lésion méniscale se fait sentir pendant la conduite automobile, la station assise prolongée ou au moment de s’accroupir.

Il existe un cas particulier, lorsque le ménisque se désinsère de la capsule et migre au milieu du genou, il entraîne un blocage complet de l’articulation. L’extension devient impossible, on parle de flessum du genou (ou flexum) liée à une anse de seau méniscale. Cette situation se rencontre plutôt chez les jeunes sportifs.

DIAGNOSTIC D’UNE LÉSION MÉNISCALE

L’examen clinique est caractéristique : il recherche un épanchement et une limitation des mobilités mais surtout une douleur à la palpation de l’interligne entre le fémur et le tibia, là ou se trouve le ménisque (en provoquant ce qu’on appel “le cri méniscal”). Les radiographies sont souvent demandées mais elles ne permettent pas de voir directement les ménisques. L’examen de référence reste l’IRM qui permet d’analyser le type de lésion ainsi que sa localisation.

LES DIFFÉRENTS TRAITEMENTS

En cas de lésion par usure, après 40 ans, le traitement médical est logiquement proposé en premier avec la prescription d’anti-douleur et des anti-inflammatoires. Les infiltrations de corticoïdes autour des ménisques, ou de gel à l’intérieur de l’articulation (viscosupplémentation) permettent de contrôler les symptômes dans un certain nombre de cas. Si la gêne persiste, la chirurgie est à envisager. Il vous sera alors proposé une méniscectomie arthroscopique (résection partielle du ménisque).

En cas de lésion traumatique chez un patient jeune ou en cas de blocage méniscal, il est logique de proposer une intervention rapide pour réparer le ménisque. L’intervention n’est cependant pas urgente et peut souvent être différée. Le geste proposé est alors une réparation méniscale par arthroscopie (suture méniscale), ou parfois une méniscectomie.

QU’EST CE QUE L’ARTHROSCOPIE?

L’arthroscopie du genou est une technique qui permet de travailler à l’intérieur de l’articulation en utilisant une caméra (appelé arthroscope) et des instruments miniatures. Cette technique réduit la taille des incisions ce qui facilite la récupération, raccourcit la durée d’hospitalisation et diminue le taux d’infection. L’arthroscopie est devenue la norme pour la chirurgie des ménisques.

DÉROULEMENT D’UNE ARTHROSCOPIE DU GENOU

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale ou locorégionale et dure entre 10 et 40 minutes. Deux cicatrices de 1 centimètre de long sont réalisées à la face antérieure du genou. Lorsque cela est possible, le ménisque est réparé par une suture au fil. Lorsque la lésion n’est pas réparable, seule la partie abîmée est retirée en étant le plus économique possible. L’ablation complète du ménisque n’est plus pratiquée de nos jours.

HOSPITALISATION

L’intervention se déroule en ambulatoire : entrée le matin à la clinique et sortie le soir même. Le lever et l’appui sont autorisés immédiatement. Les cannes ne sont pas nécessaires. Il n’y a pas d’immobilisation du genou après l’intervention. Si le ménisque a été réparé, la flexion sera limitée pendant 1 mois pour permettre la cicatrisation des tissus. Les anti-douleurs et anti-inflammatoires sont nécessaires pendant quelques jours. Un rendez vous de consultation est prévu 1 mois après l’intervention.

APRÈS LA SORTIE

L’auto-rééducation et la réalisation d’exercices quotidiens suffisent dans la plupart des cas. Quelques séances de rééducation sont parfois prescrites. La conduite de la voiture est permise dès que vous vous en sentez capable, en général quelques jours après l’intervention. L’arrêt de travail varie de quelques jours à 1 mois, en fonction du métier exercée. La reprise des sports est possible au bout de 1,5 mois environ et se fait toujours de façon progressive. Les délais sont ici donnés à titre indicatif, ils sont variables et ils vous seront confirmés au cours des consultations de suivi.

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RISQUES ET COMPLICATIONS DE LA PROTHÈSE TOTALE DU GENOU

L’arthroscopie fait baisser significativement le risque de complication mais comme après toute chirurgie.

1.

Il existe un risque d’hématome. Celui-ci n’est habituellement pas gênant et se résorbe tout seul en quelques semaines. Exceptionnellement il nécessite une ponction ou une évacuation chirurgicale.

2.

L’infection reste une complication exceptionnelle avec l’arthroscopie. Elle nécessite fréquemment une nouvelle opération pour nettoyer l’articulation et la prise d’antibiotiques de façon prolongée. Il est prouvé que le tabagisme augmentant le taux d’infection de manière significative, il vous est fortement conseillé d’arrêter de fumer pendant la période de cicatrisation.

3.

La phlébite est un caillot qui se forme dans les veines des jambes. En migrant dans les poumons, il entraîne une embolie pulmonaire. Un traitement anticoagulant peut-être prescrit en prévention, selon vos facteurs de risque.

4.

La raideur de l’articulation est provoquée par la cicatrisation des tissus dans le genou : il se forme alors des adhérences qui vont limiter la mobilité. Se celle-ci est fortement diminuée, une nouvelle arthroscopie peut s’avérer nécessaire.

5.

L’algodystrophie est un phénomène douloureux et inflammatoire mal compris qui se manifeste par des douleurs et une raideur articulaire. Elle se traite médicalement, avec antalgiques et de la rééducation. Sa survenue et son évolution est imprévisible.

RÉSUMÉ

La chirurgie des ménisques sous arthroscopie est un geste très fréquent dont les suites sont habituellement rapides et simples. En cas de lésion cartilagineuse associée à la lésion méniscale ou en cas de résection importante, une arthrose du genoux peut se développer à plus long terme.